François Chifflart & Victor Hugo – Fantasme noir (20 avril>28 août 2025)
Sous-titre : Fantasme noir

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Organisée en partenariat avec la Maison Victor Hugo de Paris avec la participation exceptionnelle de la BnF, cette exposition prendra la forme d’une grande rétrospective itinérante sur la vie et l’œuvre de cet artiste indomptable qu’a été le graveur et illustrateur audomarois François Chifflart.
En raison de son anticonformisme, il n’a pas mené la carrière de peintre d’histoire à laquelle le destinait son Grand prix de Rome, mais il a su révéler tout son génie dans le noir et blanc à travers la gravure.
L’exposition mettra également en avant, l’influence de Victor Hugo sur l’Oeuvre de François Chifflart et l’admiration mutuelle que ces deux artistes se portaient.
Section 1. De Saint-Omer à Paris : les débuts d’un
peintre prometteur
François Chifflart naît en 1825 dans une famille d’artisans de Saint-Omer ayant contribué à l’embellissement de la ville. Il montre très tôt un grand talent pour le dessin et la peinture à l’école d’art municipale. Cela lui permet de partir à Paris en 1842, à dix-sept ans, pour se former. Il intègre l’École des Beaux-Arts deux ans plus tard et fréquente l’atelier de Léon Cogniet durant six ans, dont il devient l’élève préféré. En 1851, il expose Périclès au lit de mort de son fils au Salon et obtient la consécration : le Grand Prix de Rome. L’ « enfant du peuple », soutenu financièrement par sa ville natale depuis 1845, s’installe à la villa Médicis de Rome le 1er janvier 1852.
Section 2. De Rome à Paris, la carrière éphémère d’un peintre indomptable
À Rome, la véritable nature du brillant élève se révèle. Il découvre Raphaël et surtout Michel-Ange, dont la fougue imprègne les œuvres qu’il envoie à Paris. L’Académie s’en offusque tandis que la critique décèle en lui « une individualité très exceptionnelle ». Lorsqu’il quitte l’Italie en décembre 1856, sa personnalité artistique et son refus de sacrifier son originalité sont déjà fermement ancrés. Sans soutien de l’État, c’est hors des circuits officiels qu’il doit se faire connaître. Aussi publie-t-il avec Alfred Cadart, son beau-frère, un album d’estampes et de photographies de ses œuvres. L’ambition d’embrasser une carrière de peintre d’histoire ne le quitte pas. Au Salon de 1863, il présente David vainqueur, Ville conquise et Combat (La Bataille de Cannes). Sans commandes, il se résigne à exécuter des tableaux de chevalet.
Section 3. L’eau-forte, refuge salutaire
Au milieu des années 1860, le peintre insatisfait découvre l’eau-forte (procédé de gravure en taille-douce sur une plaque métallique à l’aide d’un acide). Sa proximité avec Alfred Cadart, qui en fut le plus ardent défenseur, explique que Chifflart ait cédé à ce procédé remis à l’honneur auprès des peintres. Membre de la Société des aquafortistes, il participe à ses livraisons, mais se fait surtout remarquer par la suite de quinze planches publiées en 1865 sous le titre d’Improvisations sur cuivre, dans lesquelles s’exprime la dualité de sa personnalité, « classique par l’éducation, romantique par le tempérament ».
Section 4. La rencontre du peintre avec Hugo et la littérature
Républicain et fervent admirateur de Victor Hugo, François Chifflart reçoit en 1867 la commande de l’illustration complète des Travailleurs de la Mer, aujourd’hui considérée comme l’une des meilleures œuvres de Hugo. Le peintre se rend alors à Guernesey, où l’écrivain lui montre ses dessins et tous deux ont de longues conversations. Enflammé par ce projet et son admiration, Chifflart fournit un important travail, mais l’édition populaire réalisée à moindre coût et pauvrement imprimée gâchera son oeuvre. En 1869, il reçoit la commande de douze eaux-fortes pour illustrer une nouvelle édition de la Chanson de Roland. Dessins préparatoires et états intermédiaires témoignent de la genèse de ce travail perturbé en 1870 par le siège de Paris. Le graveur Valentin Foulquier est chargé par l’éditeur d’achever les planches de Chifflart.
Section 5. Un témoin de la Commune
Mobilisé en 1870 lors du Siège de Paris, François Chifflart suit son régiment qui se fédère lors de la Commune. Il traduira la violence des combats dans ses dessins pour la presse illustrée. Ces événements interrompent son travail pour La Chanson de Roland publiée en 1872. Cette nouvelle déconvenue ajoutée aux horreurs de la guerre perturbe profondément l’artiste. Arrêté par les troupes versaillaises à l’issue de la Commune, il est rapidement libéré car considéré comme fou et se réfugie à Arras.
Section 6. Le paysage : nostalgie italienne
Tout au long de sa carrière, Chifflart a peint ou gravé des paysages. Comme un miroir inversé de ses scènes historiées sombres et torturées, ceux-ci sont à peu près vides de présence humaine, respirent le calme et le repos. Qu’ils soient italiens ou français, ses paysages semblent tous baigner dans une lumière méditerranéenne dont il a gardé le souvenir nostalgique. De 1874 à 1879, Chifflart habite à Montmartre, une colline encore largement sauvage à l’époque et réalise une série d’eaux-fortes représentant quelques vues du village, des carrières et des chemins poudreux.
Section 7. Dernières confidences gravées
Chifflart séjourne quelques années à Arras, où il trouve une forme de tranquillité et bénéficie du soutien de plusieurs mécènes. Il retourne à Paris en 1874 et retombe rapidement dans la misère. C’est à ce moment que décède son beau-frère, Alfred Cadart. Sa soeur, Célonie, qui prend la succession de son mari, lui confie des frontispices pour les albums annuels L’Illustration nouvelle et L’Eau-forte. Chifflart ne se consacre plus guère qu’à la gravure. En 1876, il grave une nouvelle série d’improvisations réunies sous le titre de Caprices, folies, travers, eaux-fortes, improvisations. Il s’y représente de manière répétitive en proie à ses obsessions et à ses tourments.
Section 8. Ultimes chefs-d’œuvre dans l’ombre de Hugo
Chifflart se voit confier, à partir de 1876, des commandes pour l’édition illustrée des oeuvres complètes de Victor Hugo, dite « édition Hugues ». Ce ne sont que des dessins épars pour Notre-Dame de Paris, Histoire d’un crime, Napoléon le Petit, Actes et paroles. Mais c’est surtout La Légende des siècles qui lui offre l’occasion de ses derniers chefs-d’œuvre. Ses cinq grandes feuilles, hors d’échelle pour la reproduction, sont autant des œuvres indépendantes que des projets d’illustration. Il réunit l’illustrateur et le peintre en une ultime tentative de revivifier la peinture d’histoire par une inspiration contemporaine et un nouveau souffle épique et lyrique, puisés chez Victor Hugo. Mais ce dernier éclat reste sans suite.
Section 9. La fin d’un artiste retiré (1885-1901)
Pauvre et de plus en plus isolé, Chifflart voit disparaître ses derniers soutiens autour de 1890 ; il crée de moins en moins et sombre dans l’oubli. Il souffre des disparitions successives. Fortement affaibli, une congestion pulmonaire l’emporte le 19 mai 1901. Sa mort donne lieu à des hommages et plusieurs rétrospectives sont organisées entre 1901 et 1908.
190 oeuvres exposées, dont de nombreux prêts
L’exposition regroupe 190 oeuvres retraçant la carrière de François Chifflart.Des prêts de diverses institutions viennent compléter le
fonds important conservé par les musées de Saint-Omer :
– la Maison Victor Hugo de Paris,
– la Bibliothèque nationale de France,
– le Musée Carnavalet de Paris,
– le Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris,
– le Musée du Grand Siècle de Saint-Cloud,
– le Musée des Beaux-Arts d’Orléans,
– le Musée d’art Roger-Quilliot de Clermont-Ferrand,
– le Musée des Beaux-Arts de Quimper,
– le Mudo – musée de l’Oise,
– le Musée des Beaux-Arts d’Arras,
– le Château-musée de Boulogne-sur-Mer,
– des collectionneurs privés.
Des outils de médiation pour enrichir l’expérience de visite au sein de l’exposition
– Un parcours dessin adultes/ados : une expérience de l’exposition à travers le regard et la main, par le biais d’une pratique artistique. Ce parcours aborde l‘importance de maîtriser une technique tout en s’en libérant afin de développer son propre style, en s’inspirant du parcours de François Chifflart. Il a été réalisé avec la professeure de dessin Elodie Delhelle.
– Un parcours enfants dès 7 ans : une proposition ludique pensée pour les enfants à travers divers jeux et activités autour de la découverte de l’artiste François Chifflart. Le service des musées et du patrimoine de Saint-Omer poursuit son engagement pour l’accueil des familles, à travers l’enrichissement de son offre dédiée.
– Des enregistrements sonores d’extraits des textes de Hugo : des audios, enregistrés avec le baryton Arnaud Marzorati de l’ensemble Les Lunaisiens, d’une dizaine d’extraits tirés d’ouvrages de Hugo illustrés par Chifflart : Les travailleurs de la mer, La légende des siècles et Notre-Dame de Paris. Ces extraits sont à écouter en parallèle de l’observation des interprétations graphiques de ces passages par l’illustrateur.
– Un focus visuel sur l’illustration des Travailleurs de la mer de Hugo : une mise en valeur de la collaboration étroite entre Victor Hugo et François Chifflart sur la traduction graphique des textes de son ouvrage Les travailleurs de la mer. Les inspirations et échanges transparaissent fortement entre les dessins de Hugo et les illustrations de Chifflart. L’admiration mutuelle est visible dans leur correspondance.
– Une vidéo intitulée « Dans l’atelier de l’aquafortiste » : une explication visuelle du procédé technique employé par un aquafortiste : l’eau-forte (procédé de gravure en taille-douce sur une plaque métallique à l’aide d’un acide). Cette vidéo a été réalisée dans le cadre de l’exposition Trésors en noir au Petit Palais du 12/09/23 au 14/01/24 et tournée au sein des Ateliers des Beaux-Arts de la Ville de Paris avec l’artiste graveur Anne-Catherine Nesa (site internet : www.anne-catherine-nesa.com). (Vidéo : Anne-Catherine Nesa / Petit Palais / Paris Musées / Opixido)
Une riche programmation culturelle autour de l’exposition au musée Sandelin
De nombreuses activités sont prévues en lien avec l’exposition : RDV musicaux, visites, ateliers, rencontres, activités pour les familles, etc. Un résumé de ce programme est consultable en ligne et téléchargeable dans notre espace presse.
Quelques temps forts :
– Semaine d’inauguration (20-27 avril 2025) > visite au musée et jumelée, Rdv des bouts d’chou,
Rencard avec l’art, balade musicale.
– Nuit européenne des musées (17 mai 2025, 17h-00h) > La classe, l’oeuvre, visite jumelée et flash,
atelier créatif, déambulation théâtrale, vente de glaces
– Week-end Chifflart (28 juin 2025) > Micro’conf, rencontre, atelier dessin, lecture théâtralisée, concert
– Dernière semaine de l’exposition (20-24 août 2025) > Rdv des bouts d’chou, atelier créatif, visite, concert.
Exposition hors-les-murs
Chifflart l’indomptable
- 30/04 – 28/05/2025 à la Barcarolle (Place Maréchal Foch à Saint-Omer)
- 04/06 – 28/06/2025 à la médiathèque d’Aire-sur-la-Lys (33 rue de Saint-Omer à Aire-sur-la-Lys)
- 23/07 – 18/08/2025 à Enerlya (30 avenue Roland Huguet à Fauquembergues)






