Ce paysage à l’atmosphère calme présente une route de campagne animée par des personnages. L’ensemble offre des couleurs tout à fait remarquables propres à Jan Bruegel l’Ancien, dit de Velours. Ce paysage simple et bucolique montre l’homme en parfaite harmonie avec la nature qui l’entoure.
L’harmonie d’une scène paisible
L’œuvre représente une route de campagne bordée d’arbres et de maisons à pas-de-moineaux (le nom donné aux sortes de gradins en partie haute de la façade), les personnages se déplacent à pied ou dans leurs charrettes et se croisent. La peinture suggère la vie quotidienne de paysans au travail ou au repos, accompagnés d’animaux domestiques comme des vaches, des chevaux ou un chien. Ce type de vues est assez fréquent dans la gravure et la peinture de l’époque.
Décryptage d’un chef-d’œuvre
Bruegel de Velours représente la vie quotidienne dans ses joies et ses efforts avec beaucoup de charme ; il restitue une certaine douceur à son monde où l’homme se fond dans le paysage. Au contraire de peintres plus lyriques comme Rubens, ses paysages sont simples et bucoliques ; les ocres et bleu-vert y dominent dans des scènes rustiques. Le principal intérêt de cette peinture n’est pas tant dans la composition que dans la gamme de couleurs très vives : une marque de fabrique de l’artiste.
Un peintre de la texture
Jan Bruegel de Velours est le fils cadet de Peter Bruegel l’Ancien, né quatre ans après son frère Bruegel le Jeune. Il se forme à la peinture à Anvers avant de partir en Italie où il séjourne de 1590 à 1596. La même année, il entre à la guilde Saint-Luc d’Anvers puis se spécialise dans le paysage et la peinture de fleurs. Peintre de la matière picturale, il est surnommé « de velours » pour la texture moelleuse qu’il donne à ses œuvres.
Une place particulière dans les collections du musée Sandelin
Comme beaucoup d’autres musées français, le musée Sandelin abrite des œuvres dont le numéro d’inventaire commence par « MNR », pour Musées Nationaux de Récupération. Il s’agit d’œuvres spoliées, principalement aux familles juives, durant la Seconde Guerre mondiale. Elles sont aujourd’hui en dépôt avant que ne soient retrouvés leurs légitimes propriétaires.
