Arnould de Vuez (20 novembre 2020 > 14 mars 2021)

Arnould de Vuez (20 novembre 2020 > 14 mars 2021)

Un plongeon dans l’univers De Vuez : sa carrière, ses influences…

L’objectif de l’exposition est de reconstituer la carrière de l’artiste. Les évolutions sont assez nettes entre la manière claire des débuts et les œuvres plus sombres, plus contrastées, qu’il a réalisées à un âge plus avancé.

Comment son style évolue-t-il au cours de sa carrière ? Quelle est la part de son atelier dans l’immensité de sa production ? Quelle est l’influence de la peinture flamande, très présente dans les églises de Lille autour de 1700 ? Voici quelques-unes des questions auxquelles répond l’exposition et le catalogue qui l’accompagne, première synthèse sur la question.

Présentation d’Œuvres inédites grâce à un fonds d’atelier resté dans la famille depuis trois siècles

Une des particularités les plus étonnantes de l’histoire des œuvres de l’artiste est l’immensité et la pérennité de son fonds d’atelier après son décès.

Passé à sa fille unique, ce fonds l’a suivie dans le sud-ouest de la France. Il est resté en indivision jusqu’en 1892, avant d’être partiellement vendu il y a quelques décennies. Un grand nombre d’œuvres est toujours propriété des descendants.

Arnould de Vuez, le peintre d’histoire du nord de la France à la fin du règne de Louis XIV

Arnould de Vuez naît en 1644 à Saint-Omer, située alors dans les Pays-Bas espagnols. Alors que la ville n’est pas encore française (il faut attendre 1677), le jeune artiste commence un apprentissage qu’il poursuit à Paris, auprès du peintre Claude François, plus connu sous le nom de Frère Luc.

Il se rend ensuite en Italie, pour un voyage qui marque définitivement son œuvre. Il retient, entre autres, les leçons romaines de Raphaël, qu’il cite durant toute sa carrière, ou celles de son élève Jules Romain. Les Carraches sont une autre de ses sources fondamentales. Son séjour à Rome est l’occasion de premières commandes encore mal cernées.

De retour à Paris, Vuez est reçu à l’Académie de peinture grâce à l’Allégorie de l’alliance de la France et de la Bavière, illustrant le mariage du Grand Dauphin avec Marie-Anne de Bavière en 1680. Cette œuvre, la plus ancienne attribuée à l’artiste avec certitude, montre une palette extrêmement claire, qui n’est pas sans faire penser à celle d’un Stella ou d’un La Hyre. L’exposition a été l’occasion de redécouvrir d’autres œuvres majeures de la période parisienne, présentées à Saint-Omer.

La preuve de son succès est le May de Notre-Dame qui lui est commandé pour illustrer l’Incrédulité de saint Thomas. Cette œuvre fait partie des gigantesques peintures que la corporation des orfèvres commandait chaque année auprès des meilleurs peintres, pour être offertes dans les premiers jours de mai (d’où son nom) à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Cette tradition s’est maintenue de 1630 à 1707.

En 1694, déjà âgé, il s’installe à Lille, à une soixantaine de kilomètres de sa ville natale. La ville est française depuis 1677 et lui permet, grâce à sa réputation établie, de recevoir des commandes d’une vaste région (correspondant à peu près à l’ancien Nord-Pas-de-Calais). On lui doit notamment les grands décors de la chapelle des jésuites de Cambrai et de l’Hospice Comtesse de Lille. De nombreuses œuvres sont actuellement dispersées dans la région, malgré les pertes dues aux deux dernières guerres mondiales.