Portraits d’Henrick Verburg et Elisabeth Van der Aa, Thomas de Keyser

Thomas de Keyser (1596-1667) / Portrait d’Henrick Verburg / Elisabeth Van der Aa (1628) 

Elève de son père l’architecte et sculpteur Hendrick de Keyser entre 1616 et 1618, Thomas de Keyser entre à la guilde des tailleurs de pierre d’Amsterdam, il en reçoit en 1622 la charge d’architecte et entrepreneur de la ville. Il est considéré comme le meilleur portraitiste de la ville jusqu’à l’arrivée de Rembrandt en 1631-32 et rencontre un grand succès, particulièrement auprès de la haute bourgeoisie. Il a notamment travaillé à plusieurs reprises pour les orfèvres d’Amsterdam. De Keyser peint essentiellement des portraits isolés, souvent en pied et de face. Il s’attache davantage à la richesse des costumes et à la position sociale dans des représentations monumentales. Les deux portraits ont été réalisés à l’occasion du mariage du couple, comme cela était fréquent à l’époque. Chacun est représenté à mi-corps sur un fond presque clair, les visages ressortent en se détachant des fraises (collerettes) blanches très travaillés. Henrick Verburg est représenté dans un costume noir à motifs floraux, il tient un chapeau noir à large bord d’une main et une paire de gants dans l’autre. Ses manchettes ornées de dentelle ressortent grâce au contraste des tons clairs et sombres. Elisabeth Van der Aa porte une robe dont le bustier est richement orné de fils d’or représentant des motifs végétaux et animaliers. Ses bijoux sont également mis en valeur : sa chaîne portée autour de la taille est incrustée de pierreries, elle porte un bracelet à chaque poignet, deux bagues et un collier en or ainsi qu’un pendentif orné de perle attaché à sa coiffe.

Pourquoi est-ce un chef-d’œuvre ? Pour l’excellence du rendu des étoffes soyeuses et luisantes. L’artiste parvient à associer austérité et opulence, rigueur et profusion. La monumentalité des portraits met parfaitement en valeur le rang social du couple et affirme leur prestige.