Portrait présumé d’Auguste Louis de Talleyrand, Jean-Baptiste GREUZE

Jean-Baptiste Greuze (1725-1806) / Portrait présumé d’Auguste Louis de Talleyrand (1792) 

Greuze apprend la peinture à Lyon puis à Paris à partir de 1750, il entre à l’Académie en 1755 mais ne concourt pas au prix de Rome, bien qu’il voyage en Italie. Plus inspiré par le traitement des visages que les paysages à l’antique, il s’intéresse aux scènes de genre en laissant libre cours aux sentiments. Les tableaux moralisateurs finissent par lasser le public, il se tourne donc vers les portraits. Cette scène d’intérieur, montre un homme habillé à la mode Directoire : une grande cravate blanche, en batiste, le nœud bouffant, qui enveloppe le cou, un habit bleu brun largement ouvert. L’identité du modèle est contestée, Talleyrand avant 38 ans lors de la réalisation du portrait, alors qu’on y voit un jeune homme.

Pourquoi est-ce un chef-d’œuvre ? Pour sa reconstitution du réel, les talents d’observation du peintre. La pose est naturelle, bien campée. Greuze représente ses portraits avec un léger flou et une mélancolie un peu efféminée.

L’a-t-il toujours été ? Non, des années après sa mort au milieu du 19e siècle, le peintre est oublié, discrédité par l’école rivale de David et complètement démodé.