Arnould de Vuez (20 novembre 2020> 14 mars 2021)

Arnould de Vuez (20 novembre 2020> 14 mars 2021)

Cette exposition se propose de mettre en lumière l’œuvre d’Arnould de Vuez (1644 – 1720). Né à Saint-Omer, il est le peintre d’histoire le plus important du nord de la France des années 1690 à 1720. En 2020, nous célébrerons alors le tricentenaire de sa mort. Au sein du parcours, sera retracé l’ensemble de sa carrière et de ses grands projets, de Paris à Lille en passant par l’Italie. Un considérable travail de recherche par François Marandet, mené pour l’occasion permet enfin de comprendre sa production, ses inspirations et son évolution. Particularité sans exemple en France, une grande partie de son immense fonds d’atelier est restée chez ses descendants, permettant d’exposer à cette occasion de nombreuses œuvres inédites pour le public.

Le musée Sandelin présentera, du 22 novembre 2020 au 14 mars 2021, une exposition consacrée au peintre Arnould de Vuez. L’année 2020 paraissait toute désignée pour célébrer un artiste majeur du nord de la France, mort trois-cents ans auparavant, et auquel aucune étude d’ensemble achevée n’a été consacrée depuis 1904. Le commissariat scientifique est assuré par M. François Marandet, enseignant à l’Institut d’Etudes Supérieures des Arts (Paris, Londres).

Arnould de Vuez naît en 1644, à Saint-Omer, dans les Pays-Bas espagnols. Alors que la ville n’est pas encore française – il faut attendre 1677 -, le jeune artiste commence un apprentissage qu’il poursuit à Paris, auprès de frère Luc. Il se rend ensuite en Italie, pour un voyage qui marque définitivement son œuvre. Il retient notamment les leçons romaines de Raphaël, qu’il cite durant toute sa carrière, ou celles de son élève Jules Romain, notamment pour les grandes fresques du palais du Té. Son séjour à Rome lui permit aussi probablement d’approfondir la connaissance de l’œuvre de Poussin, auquel son établissement parisien l’avait initié.

De retour à Paris, Vuez est reçu à l’Académie de peinture grâce à l’Allégorie de l’alliance de la France et de la Bavière, illustrant le mariage du Grand Dauphin avec Marie-Anne de Bavière en 1680. Cette œuvre, la plus ancienne attribuée à l’artiste avec certitude, montre une palette extrêmement claire, qui n’est pas sans faire penser à celle d’un Stella ou d’un La Hyre.  La preuve de son succès est le May qui lui est commandé pour illustrer l’Incrédulité de saint Thomas.

En 1694, déjà âgé, il s’installe à Lille, à une soixantaine de kilomètres de sa ville natale. La ville est française depuis 1677 et lui permet, grâce à sa réputation établie, de recevoir des commandes d’une vaste région, correspondant à peu près à l’ancien Nord-Pas-de-Calais. On lui doit notamment les grands décors de la chapelle des jésuites de Cambrai et de l’Hospice Comtesse de Lille. De nombreuses œuvres sont actuellement dispersées dans la région, malgré les pertes difficiles à mesurer dues aux deux dernières guerres.

Une des particularités les plus étonnantes de l’histoire des œuvres de l’artiste est l’immensité et la pérennité de son fonds d’atelier après son décès. Passé à sa fille unique, il la suivit dans le sud-ouest de la France. Il resta en indivision jusqu’en 1892 et ne commença à être vendu qu’il y a quelques décennies. Malgré cela, un grand nombre d’œuvres est toujours propriété des descendants.

L’objectif de l’exposition est de reconstituer la carrière de l’artiste. Les évolutions sont assez nettes entre la manière claire des débuts et les œuvres plus sombres, plus contrastées, qu’il aurait réalisées à un âge plus avancé. Comment son style évolua-t-il au cours de sa carrière ? Quelle fut la part de son atelier dans l’immensité de sa production ? Quelle fut l’influence de la peinture flamande, très présente dans les églises de Lille autour de 1700 ? Voici quelques-unes des questions auxquelles tenteront de répondre l’exposition et le catalogue qui l’accompagneront avec l’objectif d’établir la première synthèse sur la question.

L′ éducation d′Achille, Arnould de Vuez, France, vers 1700, huile sur toile, collection privée©Jacques Sierpinski

La Justice et la Paix, Arnould de Vuez, France, vers 1700, huile sur toile, collection privée ©Frédéric Guy

La Présentation au temple, Arnould de Vuez, France, milieu années 1690, huile sur toile, collection privée ©Frédéric Guy

Saint Georges refusant de sacrifier aux idoles, Arnould de Vuez, France, vers 1700, encre brune et lavis, Palais des Beaux Arts Lille © PBA Lille